Chaga : l’art de la cueillette raisonnée, gage de qualité

Rencontre avec Élie, cueilleur de chaga

par | Jan 25, 2018

Le chaga, champignon bien connu des mycothérapeutes, occupe une place de choix dans les pharmacopées nordiques et asiatiques. Antioxydant, stimulant, antiseptique : ses effets sur la santé sont nombreux. Sous réserve qu’il ait été cueilli dans des conditions optimales. Élie, 38 ans, installé en Estonie, cueilleur de chaga aguerri, nous transmet son expérience. De quoi mieux comprendre pourquoi et comment consommer ce champignon médicinal venu du froid.

« Le chaga n’est pas qu’un remède. Il camoufle aussi plusieurs siècles de tradition médicinale. »

Élie, d’origine vosgienne, connaît bien le monde des champignons. C’est en Estonie, où il vit en forêt à plein temps, qu’il a découvert le chaga. Le chaga, connu là-haut en tant que must pässik (littéralement « soin noir »), sans doute parce que sa surface extérieure, exposée à l’air, est d’un noir profond. Il pousse sur le tronc du bouleau blanc, essence commune du Nord de l’Europe. « Le chaga évolue en France, mais d’une manière très localisée. Tandis qu’il pousse sur tout le territoire estonien, majoritairement forestier. C’est en traînant ici et là chez les amis, jeunes ou plus âgés, que je me suis rendu compte de la place qu’occupent encore les traditions liées au chaga. Il n’est pas rare de voir un pot de chaga sur le poêle, et de vous faire offrir une tasse lorsque vous êtes en visite », souligne-t-il pour évoquer son activité de cueilleur. En Estonie, comme en Finlande ou en Russie, l’infusion de chaga est appréciée autant que le thé ou le café. C’est une boisson du quotidien, particulièrement l’hiver. « On le prépare en décoction. Le chaga marine longuement dans l’eau chaude, sur le feu, sans bouillir. Vous obtenez un liquide assez épais, très foncé, sirupeux, un peu caramélisé, légèrement amer et vanillé. Ça me fait penser que le chaga doit être pas mal en cuisine, il faut que j’essaye », ajoute-t-il amusé.

Le chaga, nouvelle tendance ? Qu’a-t-il de si particulier ? Pourquoi la mycothérapie s’y intéresse-t-elle de près ? « On le consomme pour ses qualités stimulantes, qui aident à supporter physiquement et mentalement l’hiver, le froid, l’humidité, la luminosité pratiquement nulle. En Estonie, en décembre, vous n’avez que 6 heures de lumière par jour. Et cela a un impact sur le corps et sur l’esprit. D’autant que l’hiver dure près de 6 mois », répond Élie. Différentes études cliniques, menées en Russie ou au Canada, ont révélé ses composants. Éléments nutritifs qui collent avec les usages spontanés que les hommes, auprès desquels il évolue, en font depuis plusieurs siècles. Par exemple, le chaga est un antioxydant naturel qui aide l’organisme à se débarrasser des radicaux libres. « En pratique, il dissipe la sensation de fatigue, améliore la tonicité du corps, vous remet sur pieds après un gros rhume, soulage les troubles digestifs ou les douleurs liées aux maladies articulaires. C’est un complément alimentaire naturel intéressant, que vous viviez sous des climats froids ou ailleurs. La qualité du sommeil, les effets du vieillissement, l’efficacité de votre système immunitaire, tout cela importe où que vous soyez. De nos jours, on se tourne sans se poser de questions vers la gelée royale, la propolis ou des produits phyto thérapeutiques tels que la spiruline et la sève de bouleau. Pourquoi pas vers le chaga ? »

« Plus vous travaillez le chaga, plus vous altérez ses propriétés. »

Un produit presque brut, gage de qualité ? Dès son extraction de l’arbre, le chaga durcit très vite. Parce qu’il se consomme généralement sous forme d’infusion ou de décoction, pour faciliter sa manipulation et l’extraction des molécules intéressantes, il importe de le concasser. Élie effectue cette opération à la main : « Le chaga, comme beaucoup de choses, plus vous y touchez, plus vous l’abîmez. Sans pour autant le sacraliser, j’en prends soin. Il ressemble à du bois, devient dur comme la pierre mais demeure un composé délicat, fragile. Il craint le métal et l’oxydation, l’eau trop chaude, les fortes températures et, lorsqu’il est sec, l’humidité. » Élimination des reliquats d’écorce, du liège, ces parties molles, mortes en quelque sorte – une phase de nettoyage incontournable, puis réduction du champignon en éclats, rochers ou poudre : Élie travaille pratiquement sans outil, à l’aide d’un maillet et d’un couteau de bois.

Il souhaitait proposer un produit brut, forestier, au plus près de son état sauvage. Son idée : conserver autant que possible l’intégrité du champignon. « Plus on fait simple, mieux c’est. Et ce principe fonctionne dans la vie de tous les jours. Je suis par ailleurs vannier. Je pratique la vannerie spiralée cousue parce qu’elle ne nécessite rien de plus que du fil et une aiguille. Moins il y a d’intermédiaires, plus le produit conserve son identité, plus il demeure exceptionnel. Je fais tout à la main. C’est long, mais il faut savoir prendre le temps. Je suis cueilleur, passionné, j’aime les bonnes choses, donc je prends le temps de les faire correctement. »

C’est là sans doute l’un des avantages de notre époque : la possibilité de consommer naturel et diversifié. À condition d’être raisonné. C’est en tout cas le parti pris d’Élie : « le chaga n’est pas une solution miracle, meilleure que les autres produits naturels. C’est un complément alimentaire avec des qualités, qui contribuent à votre hygiène de vie. Un atout supplémentaire. Dans cette idée, il n’y a pas de place pour la distribution et la consommation à grande échelle. » Le chaga, à découvrir, donc !

Pour en savoir+ sur le chaga, s’en procurer, contacter Élie :

- Sur Facebook : Chaga – les bienfaits de la nature

- Par mail : kalsaintheforest@gmail.com

Le chaga estonien est issu d’un milieu préservé.

L’Estonie, un tissu industriel pratiquement inexistant, des zones à la densité démographique inférieure à 3 habitants au km2, une agriculture de proximité, et non intensive, un territoire national composé à plus de 50% de forêts. Élie garantit un chaga récolté en Estonie, issu de milieux sauvages, au plus loin des activités humaines.

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